Kill ou nokill

S’il vous arrive de manger votre poisson, si vous êtes un partisan du
pêcher-manger, asseyez-vous avant de lire cet Édito de Pêche et Bateaux !
A tous ceux qui pourraient se sentir agressés, bafoués par cet article,
je tiens à vous rassurer, c’est vous qui êtes dans le vrai !
Ne vous laissez pas intimider pas ces propos de bobos parisiens sectaires !
« L’espèce à part », ne serait-ce pas plutôt les partisans du No Kill
intégral mais ils n’en ont pas conscience !
Pêcher uniquement par plaisir sans se soucier de la mortalité induite
par leur pratique, c’est aveugle et irresponsable.
Attaquer les autres pêcheurs au seul fait qu’ils ne pratiquent pas comme
eux, c’est odieux et sectaire…
Nous ne pouvons pas laisser passer sans réagir ! Qu’en pensez-vous ?

J. KIFFER

Edito « Pêche et Bateaux » d’Avril Mai – Nos réactions…

C’est, avec consternation et tristesse pour les uns, colère et mécontentement pour d’autres, que nous, pêcheurs de loisir en mer, avons pris connaissance de l’Edito de Laurent Guillermin intitulé « Une espèce à part », paru dans la revue « Pêche et bateaux » d’Avril Mai (cliquer sur le lien pour accéder à cet édito).

La plupart d’entre nous, respectueux de la ressource et des écosystèmes marins en général, pratiquent ce que nous avons pris l’habitude de désigner par « No Kill ». Nous le faisons déjà en relâchant tous les poissons sous tailles dans le cadre de la réglementation en vigueur et le respect des tailles minimales de capture. Nombreux d’entre nous vont même un peu plus loin et rejettent toutes les prises en dessous d’une taille acceptable qu’ils se sont fixée. Ainsi, pour le bar par exemple, de nombreux pêcheurs remettent à l’eau tous les individus en dessous de 45cm alors que la taille minimale autorisée est de 42cm. Dans la même démarche, certains d’entre eux remettent aussi à l’eau les très gros poissons réputés être d’importants géniteurs. Ces mêmes pêcheurs qui représentent une très grande majorité d’entre nous, pêcheurs en mer, ne prélèvent par ailleurs que ce qu’il leur semble être en adéquation avec leur consommation familiale. Les fédérations représentatives de la pêche de loisir ont récemment proposé, en cohérence avec les orientations européennes, la mise en place d’un quota mensuel par pêcheur avec déclaration obligatoire des prises pour les espèces en difficulté. En clair, la majorité des pêcheurs en mer pratiquent un « No Kill » intelligent et respectueux de la ressource. Ils dénoncent l’attitude scandaleuse de quelques braconniers auxquels ils refusent d’être assimilés et souhaitent que la lutte contre toute ventes illégales des produits de la mer soit intensifiée conformément à la charte d’engagement pour une pêche écoresponsable signée en 2010.

Que dire alors de ces partisans d’un « no Kill » intégral qui, non seulement, n’ont pas conscience des incohérences de leur pratique mais se livrent à des attaques sectaires et clouent au pilori tous ceux qui ne pratiquent pas comme eux et qui seraient à leurs yeux des adeptes coupables d’un pêcher-manger si convenable soit-il ! Ignorent-ils qu’une partie non-négligeable de leurs prises ne survivront pas à leur pratique ? Peuvent-ils justifier cette mortalité qu’ils feignent d’ignorer par la seule satisfaction égoïste de leur plaisir personnel ? Sur un plan purement philosophique, le No Kill intégral est-il une pratique acceptable ? Que penser de ces concours où le nombre de prises est privilégié tout en oubliant sciemment que parmi les poissons capturés, beaucoup ne survivront pas ? Comment qualifier ces parcours privés en No Kill réservés aux plus fortunés d’entre nous ? Les exemples que vous citez fortement inspirés de l’eau douce nous inquiètent au plus haut point. Pourquoi un tel positionnement de votre part ? Aussi étrange qu’incompréhensible ! Les valeurs et poids économique considérable de la pêche de loisir en mer méritent une toute autre considération.  Les diminutions des stocks constatées sont avant tout dues aux massacres perpétrés par les pêches professionnelles intensives et aux pollutions des océans dont la majorité sont d’origines terrestres.

Alors, Monsieur Laurent Guillermin, quelle est vraiment « l’espèce à part » ? Pourquoi ne pas nous avoir consultés ? Cela vous aurait peut-être évité d’écrire de telles allégations aussi injustes qu’injurieuses !  Nous vous invitons sérieusement à y réfléchir et à répondre à nos questionnements dans les prochains numéros de votre revue qui est censée s’adresser prioritairement aux pêcheurs de loisir en mer. Ceux-ci, assurément, ne sont pas près d’oublier les propos que vous avez cru bon de proférer à leur encontre. Dans l’espoir d’un dialogue plus juste et plus constructif avec la rédaction de votre revue…

                                                                                                                        Communiqué FNPP


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